Herrmann Louis Charles de Wimpffen (1754-1820)

L’animation fébrile qui s’était emparée ces jours derniers de la maison seigneuriale de Neuwiller n’annonçait qu’une chose : la délivrance prochaine de Louise Julianne de Foyssac-Latour. Son époux, le baron Stanislas Gustave Louis de Wimpffen, avait loué cette belle demeure le jour de l’Annonciation de 1754 sur les conseils de son cousin, le vicaire prébendier de la Collégiale, Gustave Louis Léopold de Wimpffen. Un ballet de voitures amena bientôt à pied d’œuvre d’autres membres de la famille : Marie Caroline de Wimpffen, en provenance de Haguenau, et Louis Charles de Wimpffen, bailli de La Petite Pierre, pressentis tous deux comme marraine et parrain du bébé à naître.
L’enfant vit le jour à Neuwiller le 8 octobre 1754 et fut porté sur les fonts baptismaux dès le lendemain. Celui qui reçut ce jour-là les prénoms de Herrmann Louis Charles était né avec une cuillère d’argent dans la bouche. Pour son avenir, il n’avait que l’embarras des vocations. Cette ancienne famille du Cercle de Souabe était, en effet, aussi bien introduite dans l’Armée et dans l’Administration que dans l’Eglise.
Le baron de Wimpffen quitta Neuwiller pour prendre ses fonctions de chambellan auprès du duc de Deux-Ponts. Devenu adulte, Herrmann Louis Charles optera pour le métier aventureux des armes. A l’âge de 19 ans, il rejoindra le régiment de La Marck aux ordres de son oncle Christian de Wimpffen. Il participera d’abord à la conquête de la Corse, puis voguera vers l’Amérique avec le régiment de Bouillon pour prêter main-forte à la jeune guerre d’indépendance, sous le commandement supérieur du bientôt célèbre La Fayette.
À son retour, la révolution française le poussera paradoxalement vers l’émigration en Allemagne et il servira dans l’armée du duc de Wurtemberg qui lui octroiera le grade de général-major en 1808.
De retour dans sa patrie en 1812, il s’établira à Neuf-Brisach, ville natale de son épouse, Marie Thérèse Mendoche. Il deviendra le maire de cette place-forte après le retour de Louis XVIII, mais le roi se montrera plus que réticent à lui accorder une pension. Il se résignera de mauvaise grâce à cette ingratitude et mourra dans la citadelle le 3 février 1820 en laissant une veuve et deux filles.



21, rue général König
Marie Richarde de Wimpffen mourut dans la maison n° 270 (21, rue du général Koenig ?)


La dernière représentante de cette famille à Neuwiller, Marie Richarde de Wimpffen, vivait du produit de ses terres qu’elle cultivait elle-même avec ses gens. Effrayée par la Terreur jacobine, elle accompagna les Autrichiens dans leur retraite en 1793 pour ne revenir qu’en 1795, percluse d’infirmités. En dépit de son mauvais état de santé, elle ne vivra pas moins jusqu’à l’âge respectable de 91 ans et mourra, célibataire, le 12 novembre 1823.
Elle était la sœur du vicaire et de la marraine du général.