Un richer notable de Neuwiller :
François Antoine Feyler (1776-1856)


Si le dicton « bon sang ne saurait mentir » connaît quelquefois des ratés, ce ne fut pas le cas pour François Antoine Feyler.
Sa mère, Marie Elisabeth Aron, fille du receveur du Chapitre de Neuwiller, lui transmit les gènes de l’administration, tandis que son père Gaspard, boulanger, cultivateur, cabaretier, tuilier et ancien Prévôt de Neuwiller, lui légua son esprit d’entreprise. Gaspard emmenait souvent son dernier fils dans la forêt avoisinante car la cuisson des tuiles et des briques consommait d’importantes quantités de bois. De ces incursions répétées en milieu sylvicole, le jeune Antoine se persuada de l’excellent confort matériel que pouvait procurer une rente forestière.
Ses parents connurent une belle prospérité et acquirent deux maisons dans la
Bühlgass. Réussite de courte durée car la Révolution jeta la famille sur les routes de l’émigration et réduisit tous ses efforts à néant : leurs biens furent saisis puis vendus.
De retour en France, Antoine fit du maniement des chiffres sa vocation professionnelle et, en 1804, s’installa en qualité de percepteur des contributions directes pour les communes de Neuwiller, Dossenheim et Griesbach. En 1808, il épousa Marie Elisabeth Bolla, la fille d’un immigrant de la Suisse italienne ayant acquis de l’aisance dans l’épicerie à Wasselonne.
La perception des impôts aiguisa-t-elle encore sa fibre capitalistique ? Peut-être. Toujours est-il qu’après le décès de sa mère en 1818, il débuta une longue série d’acquisitions immobilières et foncières en commençant par les biens délaissés par feu le maréchal Clarke. Il racheta d’abord la Prévôté et le domaine de Hunebourg avec ses 12 ha, puis les 166 ha de la forêt du Herrenstein avant de s’adjuger les 462 ha de celles des Pfannenfels, Emberg, Niederwald et Bollenberg à Weiterswiller ainsi qu’un taillis de 203 ha à Rosteig. Au décès de son épouse, Antoine Feyler se trouvait propriétaire de plus de 740 ha, dont 686 ha de forêts. Sa fortune était évaluée à 400 000 F, une somme considérable pour l’époque.
L’un des plus riches notables de Neuwiller se devait de veiller à la pérennité de son patrimoine en favorisant avantageusement l’établissement matrimonial de ses six enfants survivants. Aussi, Victoire épousa-t-elle le docteur Solger de La Petite Pierre, Marie Antoinette – particule sur le gâteau ! - le
Freiherr von Gail de Muhlhausen, Léon la fille d’un aubergiste de Saverne, Elisabeth un négociant de Gernsheim, et Mathilde son cousin François Charles Bolla, ancien voyageur de commerce. Il n’y eut que Victor pour se montrer rétif à ces arrangements d’intérêts en donnant sa foi à Henriette Schauer de Neuwiller sans le consentement de ses parents.

Les descendants de François Antoine conservèrent un bon renom de gestionnaires dans la commune puisque son gendre, François Charles Bolla (1819-1898), fut élu maire en 1860 tout comme son neveu François Léon Feyler (1853-1929) en 1918.



Maybächelmühl
En 1824, Feyler acquit la Maybächelmühl, ancienne propriété du duc de Feltre