Les jardins du Général Dorsner


Le 16 juin 1792, le général Dorsner avait acquis l’ancien doyenné mis en vente par la Nation pour 6 900 livres. Il ne vint résider à Neuwiller qu’à partir de 1797.
Au sud, sa propriété se prolongeait par trois superbes jardins partiellement pris sur les anciens fossés de la ville. Le premier s’étendait derrière la maison tandis que les deux autres formaient l’arrière de l’actuel Bosco, l’un dominant l’autre par un mur de terrasse d’environ trois mètres de hauteur. Les trois jardins communiquaient entre eux. Ils étaient ceints d’un mur de pierre de près de quatre mètres de haut qui garantissait aux deux filles du général des promenades à l’abri des regards indiscrets.
Des arbres fruitiers en espaliers profitaient d’une exposition favorable. Neuf caisses en bois contenant des arbustes bordaient les allées, alternant avec quatorze vases en fonte dont une partie garnissait le mur de terrasse. Un jet d’eau continu jaillissait d’un grand bassin qui contribuait à l’embellissement général et servait à l’arrosage des potagers. L’ensemble des jardins couvrait une superficie d’un peu plus de 40 ares.
Ces trois jardins nécessitaient un entretien permanent que le général confia aux soins de Pierre Maupain en 1802. Celui-ci s’engagea à les cultiver, à effectuer semailles et plantations et à en récolter les fruits au gré des saisons. Il se chargeait aussi de la taille des arbres ainsi que du maintien des allées et des sentiers dans un état de propreté impeccable. En échange de ses services, le général lui payait 48 F en deux termes annuels. Il lui accordait en outre la jouissance de trois arpents de terre arable dont il acceptait d’en ensemencer deux à ses frais avec du froment et de l’orge. Le jardinier plantait le dernier tiers en pommes de terre.
Pierre Maupain (1748-1831), époux de Victoire Souquat (1752-an12) était un ancien domestique du Chapitre originaire de la Savoie. Il exerçait la fonction de mesureur de grains (« 
Kornwerfer ») en 1779. Il devint ensuite chasseur du prévôt et garde forestier. Après la Révolution, il se reconvertit en jardinier, puis en fontainier communal dans les dernières années de sa vie.

Pour la petite histoire :
Pour avoir donné son consentement au passage sur ses propriétés du Wingert des tuyaux menant à la grande fontaine de la place du chapitre, le général Dorsner reçut en échange le droit d’alimenter son bassin avec le surplus de ses eaux. Mais lorsque le maréchal Clarke revint à Neuwiller en 1817, il revendiqua à son tour le trait d’eau en provenance de la source Mausmatt dont jouissait la Prévôté avant la Révolution. Il obtint gain de cause auprès du Préfet. La légende dit que cette affaire causa une brouille entre les deux officiers et que c’est la raison pour laquelle le mortier posé sur la tombe du général Dorsner est pointé en direction de la colonne de marbre du maréchal Clarke.

Le général Dorsner n’eut pas de chance avec ses filles. L’aînée, Marie Alexandrine Victoire (1786-1813), mourut trois ans seulement après son mariage en délaissant deux enfants en bas-âge. La cadette, Marie Louise Caroline (1788-1810), décéda à 22 ans au cours de ses fiançailles avec Emile de Creutzer et Marie Thérèse (1819-1830), sa fille naturelle, atteignit à peine 11 ans.

8E322/I3-I4-N33-S1 - 38J248 - 7E32/2-5-19


Jardin

Les jardins du général Dorsner étaient séparés de celui du général d’Hastrel de Rivedoux par un mur mitoyen. Ce mur existe encore à l’extrémité du jardin des sœurs de la maison Ste-Catherine.